L’hiraeth

Esthétique de l’effacement

© Patrick Guerdoussi

L’hiraeth, c’est la nostalgie d’une contrée dans laquelle nous sommes dans l’impossibilité indépassable de nous rendre. Soit qu’il s’agisse d’un lieu qui n’a jamais existé, soit que ce lieu soit à jamais détruit par le passage irrémédiable du temps, dont ne subsiste que le souvenir. Dans cette période transitoire que nous traversons avec plus ou moins de difficulté, nommée tour à tour anthropocène ou capitalocène, ne serions-nous pas le peuple de l’hiraeth ?


Sur un texte écrit et chanté par Arthur H et une musique composée par Loïc Guénin pour voix (Arthur H), trio à cordes et choeur (Alice Piérot, violon / Fanny Paccoud, alto / Elena Andreyev, violoncelle), percussions, claviers analogiques et objets sonores (Loïc Guénin) et traitement électroacoustique en temps réel (Eric Brochard), ce concert-spectacle nous entraîne dans les paysages imaginaires traversés par un personnage en migration, rencontrant des peuplades étranges et des langues nouvelles. Au plateau, le décor es t fabriqué par des photographies de Julien Lombardi, exposées sur des cadres mobiles et éclairées par les lumières de Clemy Jardon.

« Le probable est la désintégration.

L’improbable mais possible est la métamorphose. »

Edgar Morin

Arthur Higelin et Loïc Guénin se sont rencontrés autour de leur amour du son, de l’art et de la création lors d’une résidence de travail au m![lieu], le lieu de la compagnie Le Phare à Lucioles où Arthur H travaillait sur son nouvel album. C’est la poésie et l’exploration sonore improvisée qui scellera leur amitié et fera germer cette idée d’un spectacle à écrire en binôme.

L’hiraeth réunit les deux artistes ainsi que les trois musiciennes du trio AnPaPié (cordes et voix) et un réalisateur en informatique musicale autour d’un texte éponyme commandé à Arthur H.

Inspiré par la trajectoire insolite et singulière du mousse Vendéen Narcisse Pelletier, Arthur H dépeint un personnage que l’on suit au travers de ses errances, de ses doutes et de ses voyages dans des univers et des espaces nouveaux, étranges et magnifiques à la fois. Il apprendra ainsi une nouvelle langue, au contact des trois femmes qui vont l’introniser dans ce nouveau monde qu’il devra finalement abandonner de force.

En filigrane de ce parcours initiatique et magique nous cherchons aussi- où atterrir (Bruno Latour), comment réagir et comment replacer la poésie, l’art et l’amour au centre de nos préoccupations.

La scénographie s’appuie sur des photographies de Julien Lombardi (issues notamment ses séries intitulées esthétique de l’effacement et processing landscape) Imprimées et tendues sur des cadres de papier, déplacées, éclairées, les images deviennent des imaginaires et des possibles auxquels se raccrocher pour donner corps et âme au voyage intersidéral de cet être fantomatique explorant cette période anthropocène, ou capitalocène, où tout est désormais à réinventer ensemble.

ELENA ANDREYEV – violoncelle, voix ; ERIC BROCHARD – informatique musicale ; LOÏC GUÉNIN – composition, percussions, claviers ; ARTHUR H – texte, voix ; FANNY PACCOUD – alto, voix ; ALICE PIÉROT – violon, voix ; CLEMY JARDON – création et régie lumière ; THIERRY LLORENS – régie générale ; GILLES MALLEIN – régie son.

CONTACTS

FANY RIDEL / +33 (0)6 33 59 66 15 – admin@pharealucioles.org

CAROLINE GUICHARD / +33 (0)6 23 77 01 98 – cguichard@lezef.org