MARCHER

L ́écriture de la danse, la choréographie, existe depuis longtemps et permet de noter le mouvement à travers des notions de temps, d ́espace, de poids et de force. Sujet traversé par de nombreuses réflexions, idées, essais et écrits, la tentation de noter le mouvement du corps dans l’espace, son déplacement, les gestes accomplis et enchainés relève d’une poésie éternelle. De tous temps, les maîtres de danse et de ballets ont tenté de décrire les pas et les figures de danse, mais le mouvement, expression du corps humain, reste souvent en dehors du champs de la notation.

Présentation du projet

AVEC
Serge Teyssot-Gay / Guitares
Nacera Belaza & Dalila Belaza / Danse
Vincent Beaume / photo, paysages-matières

Noter la danse

C’est en 1700 que paraît un ouvrage que l’on peut considérer comme le premier grand manuel de notation de la danse : Chorégraphie, ou l’art de décrire la danse, publié à Paris par le maître de danse Raoul-Auger Feuillet, qui reprend les travaux préalables d’un autre maître de danse, Pierre Beauchamp. La feuille de papier représente la salle où l’on danse vue d’en haut et un "chemin" représente le trajet parcouru par chacun des danseurs ; ce chemin est ponctué de petites barres correspondant aux barres de mesure de la musique. De part et d’autre du chemin, des "figures" de pas et de position désignent les actions du danseur ; sur ces figures sont greffés de petits "signes" représentant des actions de base, telles que plier, glisser, tomber, élever, sauter, cabrioler, tourner, pied en l’air, pied pointé...

Au XXème siècle, plusieurs chorégraphes se sont à leur tour penchés sur cette question de l’écriture de la danse. Les notations de Laban et celle de Benesh sont actuellement les plus utilisées au monde, mais chaque compagnie possède ses propres procédés d’écriture chorégraphique, et depuis quelques années, l’utilisation de la vidéo est le support le plus fréquent et le plus usité.
Très souvent, la notation est présente en fin de processus, à des fins d’archivage. MARCHER [dessus le paysage] démarre par l’écriture. Il s’agit d’une pièce en plusieurs mouvements pour musiciens et danseurs, composée par Loïc Guénin.

La démarche de Loïc Guénin, compositeur, consiste ici à écrire une pièce pour danse et musique. La mise en oeuvre d’un processus en plusieurs tableaux graphiques
sera donné à interpréter à des musiciens et des danseurs, en relation au paysage. Il ne cherche pas à inventer un nouveau codage du mouvement mais bien à donner du
mouvement à inventer/interpréter. La pièce comprendra plusieurs tableaux se succédant et relevant tous du même procédé d ́ écriture. Les musiciens, fixes, situés dans un endroit de l ́ espace défini dans chacun des tableaux par un codage, interprèteront la partition en suivant rigoureusement ce qui est écrit : les codes donnant lieu á des concepts musicaux, la temporalité et la circulation étant indiqué à chaque fois avec le plus de précision possible. Les danseurs entreront en jeu, pour chaque tableau, à l’endroit indiqué. Il suivront rigoureusement les indications de circulation et interpréteront avec le plus de précision possible chaque forme graphique de la partition.

Il relève de ce processus non pas une improvisation mais bien un réelle interprétation des codes de chaque tableau par chacun des interprètes. En relation entre eux mais aussi avec le paysage en question. Connectés à la fois au son, au mouvement, au visuel et à la partition qui leur est donnée à interpréter. Il est important que le travail de lecture se fasse dans un premier temps à la table, avant de laisser chacun prendre possession de sa propre lecture dans l ́ espace. Chaque tableau doit pouvoir, par la suite, être reproduit dans ses moindres détails. Le procédé d’écriture graphique permet de laisser une part d’incertitudes et d ́aléatoires correspondant à chaque moment précis où la pièce est donnée.

En 2017 & 2018, ce projet fera l’objet de plusieurs productions :

  • @ Scène Nationale la Passerelle, Gap dans le cadre de Curieux de Nature ;
  • @ Citron Jaune, CNAR, dans le cadre des Envies rhonements
  • @Auditorium du Thor et Gare de Coustellet en corpoduction.

Plus d’infos

Distribution

Loïc Guénin : composition
Production : Emmanuelle Zoll emmanuelle pharealucioles.org / 06 70 93 93 26
Anne Gueudré : relation presse

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  Repérages @le Citron Jaune / 2017